Résidence secondaire au soleil, maison de campagne à rénover, longère en pierre à quelques kilomètres de la mer : les acheteurs venus du Royaume-Uni restent une clientèle bien identifiée sur le marché immobilier français, notamment dans les zones rurales et littorales. Pour un vendeur, s'adresser à eux suppose de comprendre leurs habitudes de recherche et leurs attentes.
Cet article fait le point, de façon pratique, sur les territoires qu'ils privilégient, sur la manière de présenter votre bien et sur le déroulement d'une vente avec un acquéreur qui ne réside pas en France.
Où les acheteurs britanniques cherchent-ils un bien ?
Certaines régions reviennent régulièrement dans les recherches des acheteurs britanniques. La Dordogne et la Charente séduisent par leurs maisons en pierre, leurs prix souvent plus accessibles que sur la côte et leur cadre paisible. La Bretagne et la Normandie attirent par leur proximité avec le Royaume-Uni, la possibilité d'arriver par ferry avec sa voiture et un patrimoine bâti recherché. L'Occitanie combine climat, villages de caractère et liaisons aériennes, tandis que la Côte d'Azur s'adresse à une clientèle plus aisée, à la recherche d'un appartement ou d'une villa.
Ces acheteurs commencent presque toujours leur recherche depuis chez eux. Ils consultent des portails et des sites spécialisés en anglais, parcourent les vitrines d'agences qui travaillent avec une clientèle étrangère et affinent leur sélection en ligne avant de venir visiter, parfois pour quelques jours seulement. Si vous vendez un bien susceptible de les intéresser, il est utile de le faire apparaître sur un site immobilier pour vendre à des Anglais, c'est-à-dire un support pensé pour cette clientèle, plutôt que de compter uniquement sur les portails francophones.
Ce qu'ils attendent d'une annonce
Un acheteur qui ne parle pas toujours le français et qui ne peut pas se déplacer à chaque étape a besoin d'une annonce complète et lisible. Plus vous répondez d'avance à ses questions, plus vous évitez les échanges inutiles et les visites sans suite.
- Une annonce rédigée en anglais, dans une langue naturelle et non une traduction automatique approximative ;
- Un prix clair, en précisant si les frais d'agence sont inclus ou à la charge de l'acquéreur ;
- Des photos soignées et une visite vidéo, qui permettent de se projeter à distance ;
- La surface en m², avec son équivalent en sq ft, ainsi que la superficie du terrain ;
- Les diagnostics immobiliers, obligatoires, présentés dès le départ ;
- Le montant de la taxe foncière, souvent comparée aux « council tax » britanniques ;
- L'état de l'assainissement, en particulier de la fosse septique, sujet très surveillé dans les maisons de campagne ;
- La qualité de la connexion internet, devenue un critère décisif pour ceux qui télétravaillent ;
- La distance des aéroports et des ports de ferry, qui conditionne l'usage réel du bien.
N'hésitez pas à mentionner aussi les commerces, les services et les médecins les plus proches : pour un acheteur qui découvre la région, ces informations comptent autant que la description de la maison.
Ce que change le Brexit
Le Brexit n'a pas supprimé la possibilité, pour un ressortissant britannique, d'acheter un bien en France : il peut le faire librement, comme tout acquéreur étranger. Ce qui a changé concerne le séjour. Un Britannique qui souhaite passer plus de 90 jours sur 180 en France sans titre de séjour doit obtenir un visa adapté. Cette règle touche l'usage du bien, pas la validité de l'achat. Vos acquéreurs se poseront sans doute la question : mieux vaut être en mesure de leur indiquer qu'ils doivent se renseigner auprès des autorités compétentes sur leur situation personnelle.
Les étapes d'une vente avec un acquéreur non résident
Le cadre juridique est le même que pour un acheteur français, mais l'éloignement oblige à mieux organiser le calendrier.
De l'offre au compromis
Tout commence par une offre d'achat, généralement écrite. Une fois le prix accepté, les parties signent un compromis de vente ou une promesse de vente, le plus souvent chez le notaire. Ce document fixe le prix, les conditions suspensives et la date prévue pour la signature définitive. L'acquéreur dispose ensuite d'un délai de rétractation de 10 jours, qui commence à courir à la remise de l'acte dans les conditions prévues par la loi.
Conditions suspensives et financement
Les conditions suspensives protègent l'acheteur comme le vendeur : obtention d'un prêt si l'achat est financé par un crédit, absence de servitude ou de problème d'urbanisme, résultat satisfaisant des vérifications du notaire. Beaucoup d'acquéreurs britanniques achètent en partie avec leurs fonds propres, mais certains empruntent auprès d'une banque française ou britannique. Dans ce cas, prévoyez des délais plus souples pour l'obtention du financement.
Transfert des fonds et acte authentique
L'acquéreur doit transférer le prix en euros à partir d'un compte en livres, ce qui suppose une opération de change. Il lui est conseillé de s'y prendre à l'avance, car les virements internationaux peuvent prendre du temps et le taux de change varie. Le notaire indique les modalités de versement et les justificatifs d'origine des fonds qu'il est tenu de demander.
L'acte authentique est ensuite signé chez le notaire. Si l'acheteur ne peut pas se déplacer, il peut donner une procuration à un tiers, souvent un clerc de l'étude, pour signer à sa place. Le notaire vérifie la validité du document, qui doit respecter les formes exigées, y compris pour une procuration établie à l'étranger. Pour les échanges, un interprète ou un notaire habitué à une clientèle anglophone facilite les choses.
Conclusion
Vendre à des acheteurs britanniques demande moins un savoir-faire exceptionnel qu'un peu de méthode : une annonce en anglais claire et documentée, des informations pratiques sur le bien et son environnement, et un calendrier qui tient compte de la distance. Le cadre juridique reste celui de toute vente immobilière en France, avec le notaire pour garant. Pour sécuriser votre projet, rapprochez-vous de votre notaire et de votre agent immobilier dès la mise en vente, afin de ne pas découvrir les contraintes au dernier moment.